La petite sirène… du Léman

Rêveuse, la petite sirène ...

Rêveuse, la petite sirène située non pas à Copenhague, mais sur son rocher, à quelques mètres de la plage de la Nymphe à Collonge-Bellerive. Lascive, elle prend le soleil, le regard tourné vers Genève, face à un panorama à couper le souffle. Elle ne révèle son visage qu’aux plaisanciers qui osent la déranger! Elle est l’ œuvre de la sculptrice, Natacha de Senger et trône sur son rocher depuis 1966, attendant toujours le prince charmant. L’artiste se serait inspiré du conte d’Andersen, La Petite Sirène. Bel hommage, car il semblerait que le célèbre écrivain danois ait trouvé l’inspiration en regardant le lac Léman à Vevey. De 1833 à 1873, Hans Christian Andersen séjourna de nombreux étés en Suisse, attiré par la Riviera comme bien d’autres célébrités. La Petite Sirène a donné son nom à une croisière qui dure environ cinquante minutes organisée par la compagnie Swissboat. Une occasion par beau temps, d’admirer quelques beaux sites et curiosités du Léman.

Hélène Vibourel

Élégant, le bateau « Vevey » sur le lac Léman…

Élégant, le bateau « Vevey » de la CGN ...

Élégant, le bateau « Vevey » de la CGN, construit en 1905-1907. Bien que n’étant plus à vapeur, il n’a rien perdu de sa superbe, avec ses roues à aubes et sillonne les rives du lac Léman avec panache. Il allie d’une part, élégance, avec sa cheminée aux proportions d’origines, sa décoration intérieure de style néoclassique et Art nouveau qui ravit les passagers et d’autre part, modernisme, avec un équipement électronique à la pointe, l’équivalent en câblage d’un Airbus A 320. Le bateau Belle Époque ne fut pas à l’abri de mésaventures tragiques. En 1916, il entra en collision avec une embarcation au large d’Ouchy. Il se drossa aussi à deux reprises, en 1969 sur la digue de Lutry et en 2002 contre le quai du Mont-Blanc. Mais aujourd’hui, les voyageurs peuvent être rassurés, il est à la pointe de la technologie et c’est tout de même le bateau de la CGN qui a le plus navigué avec environ 3 000 000 km. En 2011, il est classé monument historique par le canton de Vaud.

Hélène Vibourel

CLémentine©hv

Clémentine, au Bourg-de-Four, à Genève…

Gracile, la statue de l'artiste Heinz Schwarz ...

Gracile, la statue de l’artiste Heinz Schwarz, place du Bourg-de-Four, baptisée Clémentine peut-être en raison de La Clémence situé à deux pas. Longiligne et nue, la délicate jeune fille fut l’objet de toutes les attentions de la part des habitants du quartier ou des passants : fleurs ou bougies allumées, articles de journaux ou affiches déposés, à ses pieds. Installée en 1974, Clémentine capte ce moment de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Sa maigreur exprime une certaine fragilité, mais sa posture dégage aussi de l’énergie. Elle fut symbole de revendications. En 1981, Geneviève Piret, fondatrice de l’association Terre des femmes et Terre des enfants, déposa à ses pieds, un plaidoyer de protestation, suite au décès de Yoyo, prostituée du quartier, qui s’est suicidée face aux nombreux obstacles qui l’empêchèrent de changer de vie.

Le sculpteur Heinz Schwarz est également l’auteur de l’œuvre imposante, L’adolescent et le cheval sur le Quai Wilson.

Hélène Vibourel

Barthélemy Menn, à Genève…

Rénovateur de la peinture helvétique, Barthélemy Menn...

Rénovateur de la peinture helvétique, le Genevois Barthélemy Menn (1815-1893), débute sa carrière chez un peintre de vues pour touristes, puis dans une fabrique de porcelaines genevoises et enfin dans l’atelier de Léonard Lugardon. Il part à Paris, devient élève de Jean-Auguste-Dominique Ingres, rencontre les peintres de l’Ecole de Barbizon dont Jean-Baptiste Corot. De retour à Genève, l’artiste tente d’imposer sa conception de peinture de paysage face à l’engouement à cette l’époque pour la peinture alpestre dont le Maître en la matière est Alexandre Calame. Une transition plutôt difficile face à un public réfractaire et de ce fait, il préfère se consacrer à l’enseignement. En 1850, Barthélémy Menn est nommé directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Genève où jusqu’à sa mort, il enseigne le dessin et forme notamment Ferdinand Hodler. Barthelémy Menn repose au cimetière des Rois. Actuellement, une exposition lui est consacrée au Cabinet d’arts graphiques de Genève.

Hélène Vibourel

Alberto Giacometti, à Genève…

Filiformes, les sculptures de A.Giacometti...

Filiformes, les grandes sculptures d’après-guerre qui caractérisent le style facilement reconnaissable du célèbre peintre et sculpteur Alberto Giacometti, originaire d’un petit village des Grisons. L’artiste séjourna plusieurs fois à Genève.

En 1919, il suivit pendant quelques mois les cours à l’École des Beaux-Arts, puis de 1943 à 1945, il vécut dans le quartier des Eaux-Vives, à l’Hôtel de Rive, dans une modeste chambre qui lui servait aussi d’atelier. Il préférait se priver de nourriture pour aller discuter avec ses amis dans les bars autour du Molard. Du fait de la petitesse de son lieu de vie, il ne réalisa, durant cette période, principalement que des figurines.

C’est aussi à Genève qu’il rencontra la femme qui partagea sa vie, Annette Arm fille du maître principal de l’école du Grand-Saconnex. Il l’épousa en 1949. Aujourd’hui, il existe à Genève une rue en mémoire de l’artiste et cela fait 20 ans, que son portrait orne le recto du billet de 100 francs.

Hélène Vibourel

Théâtre du Galpon, à Genève…

Excentré, mais pas excentrique le Théâtre du Galpon...

Excentré, mais pas excentrique d’aller au Théâtre du Galpon! L’aventure a débuté en 1996, initiée par Gabriel Alvarez et Nathalie Tacchella. C’est Gabriel qui a lancé le mot « Galpon ». Il signifie en Amérique du Sud : grange ou hangar. Bien trouvé, puisque avant de s’implanter le 1e juillet 2011, route des Péniches, entre Bois de la Bâtie et bords de l’Arve, le théâtre fut fondé dans des halles en bois sur le site du quartier de la Jonction occupé alors par le collectif Artamis. Le lieu devint après quelques remous le théâtre d’activités culturelles et artistiques. Autrefois, il fut consacré au maraîchage avant l’implantation en 1844, de l’usine à gaz, partiellement ravagée en août 1905, par une explosion qui fit treize morts et une douzaine de blessés. Que reste-t-il de ce premier Théâtre du Galpon ? Un élément de charpente qui daterait de 1896, transporté au bord de l’Arve et puis son âme qui en fait une véritable maison pour le travail des arts de la scène.

Hélène Vibourel

https://galpon.ch

Michée Chauderon©Marion Jiranek

La sorcière de Genève

L'histoire de Michée Chauderon...

Guérisseuse, plus qu’ensorceleuse, Michée Chauderon, sorcière pendue publiquement puis brûlée à Genève en avril 1652. Elle eut le tort de prodiguer des soins grâce à sa connaissance des plantes aux vertus thérapeutiques et d’avoir également un don pour soulager les « corps fiévreux ». Sa potion magique ou « soupe blanche » n’était autre qu’une composition très nourrissante qui permettait de requinquer quelques malades chétifs. D’origine savoyarde, après une vie laborieuse à Genève en tant que servante, puis lavandière et suite à la perte de son compagnon et de son enfant, elle espérait survivre en prodiguant ses remèdes. Mal lui en a pris, car à cette époque, la chasse aux sorcières était courante, entre 1527 et 1681, à Genève, 337 personnes furent poursuivies pour crime de sorcellerie. Michée Chauderon fut la dernière « sorcière » exécutée dans la République protestante. En Suisse, il faut attendre 1782 avec la condamnation d’Anna Göldi dans le canton de Glaris.

L’histoire est racontée aux enfants (dès 7 ans) dans un livre : La Sorcière de Genève – Briget & Caroline Dommen – Adrienne Barman (Illustrateur)

La sorcière de Genève

La sorcière de Genève


En France, le 29 janvier 2018 est décédée à l’âge de 97 ans, Marie Roubieu, la dernière survivante des herboristes, titulaire du diplôme supprimé en 1941 et jamais rétabli depuis.
Hélène Vibourel

Intérieur Cirque Rancy©Bibliothèque de Genève

Place du cirque, à Genève…

Circassien, le paysage sur la plaine de Plainpalais...

Circassien, au 19e, le paysage sur la Plaine de Plainpalais avec la présence de deux cirques en planches, l’un datant de 1857 et l’autre de 1876, dont l’exploitation fut confiée à un grand nom du cirque français, Théodore Rancy, passionné également de chevaux. Fin 19e, il les remplace par un cirque en pierre, le seul, existant en Suisse. Le lieu sert aussi pour des concerts et accueille notamment en 1881 les lectures de textes de Victor Hugo à l’occasion des septante-neuf ans de l’écrivain. En 1892, à la mort de Théodore Rancy, le bâtiment connaît des transformations, rebaptisé Apollo-théâtre, il devient cinéma et théâtre de variétés, l’un des premiers à exister à Genève. Sa destruction aura lieu en 1955. La Place du Cirque est un petit clin d’œil à ce passé, la vocation cinématographique perdure avec l’auditorium Arditi-Wilsdorf.

Place du Cirque vers 1900©∫@Centre d'iconographie genevoise

Place du Cirque vers 1900©∫@Centre d'iconographie genevoise


Hélène Vibourel

Architecture art-déco, à Genève…

Une voûte en mosaïque de Ravenne...

Sauvegardé, le bâtiment art-déco, du 4 rue de la Croix-d’Or, édifié en 1914, par l’architecte Alfred Olivet, conçu initialement pour un « bazar ». Il abrita en fait un commerce de tissus et vêtements à l’enseigne « Old England ». En 1920, celui-ci fait faillite, laisse la place dès 1927, aux Nouveaux Grands Magasins S.A., qui sous l’enseigne, Uniprix ou « EPA », ouvre sa première succursale genevoise. Des transformations sont apportées, notamment au niveau de la façade toute de métal et de verre. L’EPA fermera ses portes en 2005 pour laisser la place à InterdiscountXXL. Dix ans après, ce dernier cédera une partie de sa surface à une chaîne de prêt-à-porter. Oubliez la vocation marchande du bâtiment et admirez la gracilité des éléments verticaux et décoratifs de l’élégante façade vitrée et spécialement sa voûte mosaïque en verre de Ravenne. Et par ces grands froids, un petit arrêt pour un chocolat chaud maison, chez Martel, sis à la même adresse, s’impose.

Galeries intérieures du bâtiment en 1914

Galeries intérieures du bâtiment en 1914

Hélène Vibourel

La devise de la Maison Vacheron Constantin

La Maison Vacheron Constantin, à Genève…

La plus ancienne manufacture horlogère au monde...

Emblématique, à Genève, la Maison Vacheron Constantin, créée en 1755, par le Maître horloger de 24 ans, Jean-Marc Vacheron. Elle est la plus ancienne manufacture horlogère au monde en activité continue depuis sa création. En 1819, l’association avec François Constantin, donne naissance à la raison sociale « Vacheron et Constantin » ainsi qu’à la devise de la Maison, « Faire mieux si possible, ce qui est toujours possible ». L’installation Quai de l’Île, dans un bâtiment réalisé par Jacques-Elysée Goss, date de 1875. En 1906, à cet endroit, ouvre la première boutique. Par la suite, l’entreprise déménagera à Plan-les-Ouates. Habituée aux records, on lui doit la réalisation en 1979 de la montre-bracelet la plus chère au monde : Kallista, et en 2015 la création de la montre la plus compliquée jamais réalisée, Référence 57260.
En janvier, de nombreuses marques emblématiques du monde horloger sont présentes au Salon International de la Haute Horlogerie à Genève.

La 1ère boutique à Genève en 1906

La 1ère boutique à Genève en 1906


Hélène Vibourel