L’adolescent et le cheval…

Sur le Quai Wilson... à Genève

Longilignes, les sculptures de Heinz Schwartz, réparties dans les parcs publics du canton de Genève à l’exception de la célèbre Clémentine, à la Place du Bourg-de-Four ou de l’œuvre monumentale, au Quai Wilson, « L’adolescent et le cheval ». C’est un jeune garçon qui est sculpté, fait plutôt exceptionnel, l’artiste ne représentant principalement que des nus féminins, mais toujours dans cette période fragile et éphémère de l’adolescence. Le sculpteur accentue la délicatesse des traits et des courbes, les corps sont lisses interprétant la douceur de l’innocence. Quelle force dans la posture du jeune homme face à la fougue du cheval, une confrontation harmonieuse qui laisse penser à l’apaisement de l’équidé. L’artiste, dans cette réalisation se serait inspiré, dit-on, de la noyade d’un garçon se promenant à cheval, au bord du lac ! Il est vrai que, vu sur un certain angle, la main dépassant du dos du cheval, ressemble à un appel au secours. A vous de voir !

L'adolescent et le Cheval©hv


Hélène Vibourel

La belle endormie de Genève

Sur la promenade de la Treille...

Endormie, pour l’éternité, la noble dame romaine dont l’inscription funéraire « Rufiae Aquilinae » est encastrée dans le mur de la Tour Baudet, face à la promenade de la Treille. Le long bloc de granit provient probablement d’une nécropole romaine située aux alentours de la Place Neuve. On suppose que cette sépulture était placée sous la bienveillance des Dieux Mânes, protecteurs des âmes défuntes du temps des Romains et dont le culte exprimait la foi en l’immortalité de l’âme. Prière exaucée puisque le souvenir discret de cette dame de rang subsiste encore de nos jours. Cette inscription romaine n’est pas une exception à Genève. En effet, le réemploi de belles pierres pour de nouvelles constructions était courant, rien ne se perdait. Remarquez ces numéros inscrits sur les marches de l’escalier du haut du Perron, tel le chiffre 13 ! Certains disent qu’ils appartenaient à une ancienne place de marché en ville ou à une bordure de trottoir ou de cimetière !

INSCRIPTION -TOUR BAUDET


Hélène Vibourel

La course du Bol d’Or, sur le lac Léman…

La plus grande régate du monde...

Incontournable, ce samedi 9 juin, la 80e édition du Bol d’Or, la plus grande régate du monde, disputée en bassin fermé.
Cette compétition, créée par le docteur Pierre Bonnet, a vu le jour la veille de la Seconde Guerre mondiale, le 22 juillet 1939, avec seulement 26 participants. Aujourd’hui près de 600 voiliers et 3 000 concurrents sont sur la ligne de départ. Réservé à une élite, le Bol d’Or s’est démocratisé et la compétition est devenue l’occasion d’une grande fête populaire. La possibilité d’admirer toutes sortes de voiliers plus rapides et majestueux les uns que les autres avec une petite attention pour le Seigneur du Léman, le Toucan.

Pour l’anecdote, en 1971, à la barre d’un tel bateau, Marcel Stern, remporte la victoire, avec à son bord, une poule, en chair et en plumes, afin de disposer d’ œufs frais! En ce 80e anniversaire, une exposition photos, installée vers le Jardin Anglais et la Rotonde du Mont-Blanc retrace l’histoire du Bol d’Or. Bon vent!

Hélène Vibourel

Le château de Voltaire… à Ferney-Voltaire

Voltaire, philosophe des lumières...

Restauré, dans le pays de Gex, le château où vécut François-Marie Arouet, dit Voltaire.

autrefois-Château de Voltaire

autrefois-Château de Voltaire


Après deux ans de rénovation, la demeure, entourée d’un parc de sept hectares, retrouve sa splendeur d’antan, et s’ouvre au public, dès le 1er juin.

Façade restaurée©Sarah Guyot-Dupont:CMN


En 1759, le philosophe des Lumières, désenchanté, suite à différentes censures dont il fut l’objet à Genève, notamment au niveau théâtral décide de quitter sa maison des Délices pour s’installer à Ferney. Il entame des travaux dirigés par l’architecte genevois Jean-Michel Billon et en 1760, fait du château, sa résidence principale. Il y restera vingt ans, jusqu’à l’année de son décès, à Paris, le 30 mai 1778. Aujourd’hui, au fil de la visite et des collections, le visiteur plonge dans l’esprit du philosophe et admire des pièces remarquables, tel le portrait de Voltaire par le peintre Maurice Quentin de la Tour ou son buste en marbre du sculpteur Jean-Antoine Houdon. Même son lit a été restauré grâce à la générosité de donateurs!

http://www.chateau-ferney-voltaire.fr

Hélène Vibourel

La Fondation Brocher… à Hermance

Au bord du Lac Léman...

Idyllique, la situation en bordure du lac Léman, à Hermance, de la Fondation Brocher avec sa vue panoramique et son environnement bucolique. Bâtie en 1884, la Villa servait de résidence secondaire aux époux Brocher. En 2006, l’ensemble du Domaine qui s’étend sur près de trois hectares fut inscrit à l’inventaire des monuments et des sites du Canton de Genève. 2006, est aussi la date d’inauguration du Centre Brocher dont la mission et d’être un lieu d’échanges sur les défis de santé du 21e siècle, une passerelle entre le monde scientifique, les ONG et les citoyens. Les chercheurs qui ont la chance d’y séjourner trouveront sûrement l’inspiration à l’abri de la Gloriette, charmant temple à l’antique, fleuron de la propriété dans les années 1920.

Gloriette, Fondation Broche©HV

Gloriette, Fondation Brocher©HV


Ce belvédère est aujourd’hui très prisé des navigateurs qui s’en servent comme point de repère. Le Domaine Brocher est accessible au grand public lors des conférences, une occasion de profiter de la vue et nourrir son esprit.
Villa Brocher©HV

Villa Brocher©HV


http://www.brocher.ch/
Hélène Vibourel

autoportrait F.Hodler-MAH-Genève

Ferdinand Hodler, à Genève

Ferdinand Hodler aimait peindre face au Mont-Blanc...

Célèbre, le peintre Ferdinand Hodler mort à Genève, il y a cent ans, le 19 mai 1918, dans son appartement au 29, quai du Mont-Blanc. L’artiste aimait peindre face au Mont-Blanc et le jour de sa mort, une esquisse de cette vue se trouvait sur son chevalet. Il fut élève du maître Barthélemy Menn qui le prit sous son aile. Ferdinand Hodler représente dans l’histoire de l’art européen une des figures types de l’artiste « symboliste ». Il est considéré comme le plus fameux peintre suisse du 19e siècle. Une renommée qui valut un record de prix de vente aux enchères pour son œuvre « Le lac Léman vu de Saint-Prex » vendu près de 11 millions de francs. Il est aussi, avant l’heure, l’inventeur du « selfie » avec une addiction pour les autoportraits, une série existe notamment au Musée d’art et d’histoire de Genève. La dernière photo de l’artiste, se promenant le chapeau à la main sur le quai du Mont-Blanc, fut effectuée par son amie Gertrud Müller, la veille de son décès.

Hélène Vibourel

La petite sirène… du Léman

Rêveuse, la petite sirène ...

Rêveuse, la petite sirène située non pas à Copenhague, mais sur son rocher, à quelques mètres de la plage de la Nymphe à Collonge-Bellerive. Lascive, elle prend le soleil, le regard tourné vers Genève, face à un panorama à couper le souffle. Elle ne révèle son visage qu’aux plaisanciers qui osent la déranger! Elle est l’ œuvre de la sculptrice, Natacha de Senger et trône sur son rocher depuis 1966, attendant toujours le prince charmant. L’artiste se serait inspiré du conte d’Andersen, La Petite Sirène. Bel hommage, car il semblerait que le célèbre écrivain danois ait trouvé l’inspiration en regardant le lac Léman à Vevey. De 1833 à 1873, Hans Christian Andersen séjourna de nombreux étés en Suisse, attiré par la Riviera comme bien d’autres célébrités. La Petite Sirène a donné son nom à une croisière qui dure environ cinquante minutes organisée par la compagnie Swissboat. Une occasion par beau temps, d’admirer quelques beaux sites et curiosités du Léman.

Hélène Vibourel

Élégant, le bateau « Vevey » sur le lac Léman…

Élégant, le bateau « Vevey » de la CGN ...

Élégant, le bateau « Vevey » de la CGN, construit en 1905-1907. Bien que n’étant plus à vapeur, il n’a rien perdu de sa superbe, avec ses roues à aubes et sillonne les rives du lac Léman avec panache. Il allie d’une part, élégance, avec sa cheminée aux proportions d’origines, sa décoration intérieure de style néoclassique et Art nouveau qui ravit les passagers et d’autre part, modernisme, avec un équipement électronique à la pointe, l’équivalent en câblage d’un Airbus A 320. Le bateau Belle Époque ne fut pas à l’abri de mésaventures tragiques. En 1916, il entra en collision avec une embarcation au large d’Ouchy. Il se drossa aussi à deux reprises, en 1969 sur la digue de Lutry et en 2002 contre le quai du Mont-Blanc. Mais aujourd’hui, les voyageurs peuvent être rassurés, il est à la pointe de la technologie et c’est tout de même le bateau de la CGN qui a le plus navigué avec environ 3 000 000 km. En 2011, il est classé monument historique par le canton de Vaud.

Hélène Vibourel

CLémentine©hv

Clémentine, au Bourg-de-Four, à Genève…

Gracile, la statue de l'artiste Heinz Schwarz ...

Gracile, la statue de l’artiste Heinz Schwarz, place du Bourg-de-Four, baptisée Clémentine peut-être en raison de La Clémence situé à deux pas. Longiligne et nue, la délicate jeune fille fut l’objet de toutes les attentions de la part des habitants du quartier ou des passants : fleurs ou bougies allumées, articles de journaux ou affiches déposés, à ses pieds. Installée en 1974, Clémentine capte ce moment de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Sa maigreur exprime une certaine fragilité, mais sa posture dégage aussi de l’énergie. Elle fut symbole de revendications. En 1981, Geneviève Piret, fondatrice de l’association Terre des femmes et Terre des enfants, déposa à ses pieds, un plaidoyer de protestation, suite au décès de Yoyo, prostituée du quartier, qui s’est suicidée face aux nombreux obstacles qui l’empêchèrent de changer de vie.

Le sculpteur Heinz Schwarz est également l’auteur de l’œuvre imposante, L’adolescent et le cheval sur le Quai Wilson.

Hélène Vibourel

Barthélemy Menn, à Genève…

Rénovateur de la peinture helvétique, Barthélemy Menn...

Rénovateur de la peinture helvétique, le Genevois Barthélemy Menn (1815-1893), débute sa carrière chez un peintre de vues pour touristes, puis dans une fabrique de porcelaines genevoises et enfin dans l’atelier de Léonard Lugardon. Il part à Paris, devient élève de Jean-Auguste-Dominique Ingres, rencontre les peintres de l’Ecole de Barbizon dont Jean-Baptiste Corot. De retour à Genève, l’artiste tente d’imposer sa conception de peinture de paysage face à l’engouement à cette l’époque pour la peinture alpestre dont le Maître en la matière est Alexandre Calame. Une transition plutôt difficile face à un public réfractaire et de ce fait, il préfère se consacrer à l’enseignement. En 1850, Barthélémy Menn est nommé directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Genève où jusqu’à sa mort, il enseigne le dessin et forme notamment Ferdinand Hodler. Barthelémy Menn repose au cimetière des Rois. Actuellement, une exposition lui est consacrée au Cabinet d’arts graphiques de Genève.

Hélène Vibourel